L'incendie de 1847


Nous avons souhaité revenir sur un fait divers qui a marqué les habitants de Looze au 19ème siècle : l’incendie de 1847. Nous nous sommes appuyer pour cela sur la conférence donnée par Marc Hureau à l’occasion des Journées du Patrimoine 2008.

Le dimanche 28 mars 1847 (jour des Rameaux), le village de Looze a été donc en grande partie détruit par un terrible incendie.

Il était environ 22 heures, lorsque le feu se déclara dans l’unique maison située au bas du village, face à la Grande Rue. Attisé, ce soir-là, par un vent d’Est violent, l’incendie gagna rapidement toutes les habitations situées aux abords de la Grande Rue. Désemparés, les habitants se réfugièrent avec leurs animaux dans la partie nord du village. A cette époque, les maisons construites principalement avec des toits de chaumes offraient une proie facile aux flammes.
Le journal "L’Union d’Auxerre" dans son édition du 1er avril 1947 parle de quatre-vingts maisons détruites. (En réalité, le chiffre est plus proche de cinquante).

Ce sinistre fut dramatique. Les tables décennales de Looze mentionnent en effet deux décès le 29 mars 1947 : Clémence et Eugène Verger, âgés respectivement de 11 et 7 ans, malheureuses victimes de l’incendie. Leur mère, Edmée Verger, née Gaujard, veuve à l’époque, a d’ailleurs été gravement brûlée en tentant de les sauver.

Aussitôt, les secours s’organisèrent pour venir en aide aux sinistrés. Des quêtes ont été effectuées dans les communes voisines. Des voitures chargées de meubles, de literies, de pain et de vêtements étaient expédiées depuis Joigny, où les habitants se sont également mobilisés. Pour une bonne répartition des aides, une commission de secours fut formée le 31 mars 1847 par M. le Sous-préfet de l’arrondissement de Joigny.

Des personnalités locales et nationales firent également des dons. Ainsi, M. le Marquis de Villefranche, châtelain de Looze, donna la somme de 5 000 francs (pour évaluer cette somme, sachez qu’à cette époque, le salaire annuel d’un garde-champêtre est de 220 francs). Il ajouta 300 peupliers destinés à la reconstruction des charpentes.

Vous vous demandez peut-être quelles étaient les causes de ce sinistre. Après enquête, l’incendie avait été provoqué par une femme, habitant le haut du village, surnommée « La Bombonne ». Elle fut rapidement arrêtée, puis condamnée aux travaux forcés et mourut au bagne.
Cet incendie eut à l’époque un certain retentissement puisque Marc Hureau eut la surprise de découvrir dans le JOURNAL DE TOULOUSE du 6 avril 1847 l’article suivant :

 

Extrait

« L'Union d'Auxerre d'hier raconte un horrible incendie dans une commune de l'arrondissement de Joigny. Dans la nuit de dimanche à lundi vers onze heures du soir, par un vent d‘Est des plus violents, le feu a éclaté à Looze… »

 

En vous promenant dans la commune, vous avez peut-être remarqué la présence de croix en bois, fixées sur les murs de deux maisons de la Grande Rue.

En fait, ces croix que le conseil municipal a décidé récemment de faire rénover, auraient été installées sur les murs des deux seules maisons épargnées par les flammes.

Fort heureusement, aucune catastrophe de ce genre ne s’est produite, depuis, à Looze.

Anciennes croix 

Néanmoins, quelques incendies sont à signaler depuis, fort heureusement de moindre ampleur et sans victimes : l’incendie d’un bâtiment à la ferme de M. Larrivé dans les années 1930 ; l’incendie de deux meules de gerbes de blé de M. Créneau ; l’incendie d’une maison du quartier du Bouchot le 8 mars 1964 ; l’incendie accidentel d’un hangar communal le 6 novembre 1979 ; et plus récemment, l’incendie accidentel d’un pavillon situé rue du Bouchot en 2001, qui depuis a été démoli.

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