Looze et ses vignerons

Au XIXe siècle, l’Yonne était le 2ème département français viticole. Le vignoble s’étendait sur une superficie d’environ 40 000 hectares et occupait les coteaux dominant les vallées de l’Yonne, de la Cure, du Serein, de l’Armançon et du Tholon. Par comparaison, la superficie totale occupée par les vignobles en Bourgogne aujourd’hui est de 25 000 hectares seulement.

 Looze n’échappait à cette généralité. En 1836 par exemple, sur 160 personnes travaillant dans la commune, on y retrouve 58 vignerons et 10 tonneliers. En fait, 20% de la superficie de la commune était recouverte de vignes, le reste étant principalement des terres (57%) et des bois (17%). Sur cette carte datant de 1820, on distingue d’ailleurs très bien la multitude de parcelles en longues bandes, forme caractéristique des terres de vignobles.
En 1850, la commune comptait également 5 pressoirs. On a du mal à imaginer mais à l’époque, on pouvait être vigneron dès l’âge de 13-14 ans et jusqu’à plus de 70 ans.

 Cadastre_1820
Plan cadastral de 1820

Insecte phylloxera
Le parasite P
hylloxera

Malheureusement, l’introduction en Europe de vignes américaines fit apparaître une maladie terrible, le phylloxera, dont l’insecte du même nom attaquait les plants par la racine et provoquait la mort de la vigne.

L’épidémie gagna la Bourgogne par le sud en 1875 et, fin 1896, le vignoble de Looze était en grande partie phylloxéré. En 1900, malgré les multiples tentatives de traitement, il n’y avait plus un seul pied de vigne sur la commune. Pour beaucoup, ils ne furent pas remplacés.

Les vignerons ruinés se reconvertirent alors à la polyculture pour certains, d’autres allèrent chercher du travail aux Chemins de Fer Français (P.L.M.) dont la gare de Laroche-Migennes employait alors un grand nombre de personnes.

Vous ne le savez peut-être pas mais aujourd’hui, on cultive encore la vigne sur la commune de Looze grâce en particulier à un passionné, M. Patrick Chézeaud qui perpétue la tradition à ses heures perdues. Dans la famille Chézeaud, on a une âme de vigneron depuis plusieurs générations. Ses aïeuls ont en effet connu l’époque du phylloxera. Pourtant, ils n’ont pas baissé les bras et ont ensuite replanté la vigne en « plants de 54 ».
Située entre la rue de la Brosse et le chemin des Ferreux, cette vigne s’étend sur 5,8 ares et se compose depuis 1986 uniquement du cépage Pinot Noir.

Vigne + bouteille
La vigne de M. Chézeaud avec en avant-plan,
une bouteille du cru de Looze (vendange 2008)


Avec l’aide d’un œnologue, M. Chézeaud élabore un vin rouge en maîtrisant les différentes étapes indispensables : fermentation alcoolique du raisin fraichement cueilli, passage au pressoir, puis, réalisation de la fermentation malolactique pendant 3 semaines à une température de 20°c. Ensuite, le vin obtenu est épuré, filtré et mis en bouteille. Des vendanges jusqu’à l’embouteillage, 3 à 4 analyses permettront en parallèle de suivre l’évolution correcte du jus.

Peut-être verrons-nous un jour à Looze un essor de cette activité avec à la clef, une appellation Bourgogne ou village ?

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