Le "Trou du Baignon" et son histoire

 

A sa création, l'implantation de notre village aux confins de la forêt d'Othe n'est pas le fruit d'un simple hasard. A cette époque, la présence d'un point d'eau est primordiale pour la survie des habitants.

Comme en témoigne cette carte du XVIIIème siècle, les villageois se sont tout naturellement installés à proximité d'un ru nommé « le Baignon ». Ce petit ruisseau, issu de la source appelée « La Fontaine aux Anes » quittait la Forêt d'Othe, longeait notre village pour ensuite se jeter dans l'Yonne à la hauteur de St Cydroine.

Comme la plupart des communes rurales de cette époque, pour exploiter cette eau, les villageois creusèrent des puits et des mares.

Le Baignon

Le Baignon alimentait également un lavoir situé proche de l'actuelle station de traitement des eaux usées (voir photo vue du ciel en fin d'article), lavoir qui disparut à l'occasion du remembrement.

En 1908, la ville de Joigny, suite à l'utilisation croissante de l'eau et l'augmentation de sa population décida de capter la source de la « Fontaine aux Anes » dont le débit est évalué à 36000 litres par heure. L'alimentation en eau potable fut réalisée grâce à plusieurs ouvrages de captage (visibles près du champ de tir) et une conduite qui traverse encore actuellement notre territoire.

Au niveau de notre commune, l'exploitation de la source par Joigny fragilisa davantage l'alimentation en eau: le ru s'asséchait une partie de l'année, le niveau dans les puits descendait et les mares, malsaines à la consommation, furent souvent à sec. Encore aujourd'hui, il n'est en effet pas rare de constater des puits dont la profondeur dépasse 40 mètres , totalement asséchés.

Le 5 février 1911, le Conseil Municipal face à une situation de plus en plus préoccupante, décida d'équiper Looze d'un réseau de distribution d'eau potable.

Le lavoir
Le nouveau lavoir en 1918

La conduite de Joigny traversant notre territoire dans sa partie la plus élevée, le conseil choisit de traiter avec cette ville pour obtenir une concession d'eau. Contre une indemnité à la ville de Joigny de 15000 francs, cette concession fut accordée pour un débit minimum de 30 litres par minute sans jamais dépasser un vingtième du débit total de la source. Le projet de distribution d'eau dans la commune put enfin voir le jour avec un réservoir (situé en haut de la Grande Rue ), bornes-fontaines et un nouveau lavoir implanté au bas de la Grande Rue. Pour information, notre consommation moyenne actuelle est de 45 litres par minute.

Par étapes, le réseau s'est ensuite modernisé : implantation de pompes pour la mise en pression, remplacement des conduites en plomb, installation de bornes incendie et dispositif de collecte et de traitement des eaux usées.

 

Je terminerai en mettant l'accent sur une particularité intéressante du point de vue hydrologique bien connue des promeneurs : le Trou du Baignon.

C'est une cavité de forme ovale ( 50 mètres par 20 environ) dont la profondeur avoisine 10 mètres .

Cette curiosité est située sur l'ancien passage du ru, Le Baignon. Au fond de ce trou coule toujours de l'eau provenant d'une résurgence. En saison de pluie, cette cavité se remplit totalement d'une eau très bleue, laissant pressentir la présence peut-être de minerai de cuivre.

En fait, il ne s'agit que d'un phénomène tout à fait naturel. La couleur bleue est la caractéristique des résurgences de nappes souterraines en sol calcaire. Elle est obtenue par la réverbération de la lumière sur les micro particules contenues dans l'eau.

Le Baignon vu du ciel
Le Baignon vu du ciel

Le Baignon à la fin de l'hiver
Le Trou du Baignon plein

 


Quand le Baignon se met à couler...

Complément d'article

En discutant avec les "anciens" du village, il semblerait qu'un 1er lavoir ait été construit à proximité du trou du Baignon.

En se promenant aux abords, on retrouve en effet des traces de constructions (pierres rangées) qui seraient à l'origine de ce 1er lavoir.

Au passage, nous remarquons ici que le trou du Baignon ne contient point d'eau. Cela signifie tout simplement que le niveau de la source est plus bas que d'habitude à cette période de l'année.

Des traces du 1er lavoir

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